samedi 8 octobre 2011

Les talons hauts.

Clac-clac-clac-clac.

Les cliquetis des talons hauts montent en écho contre les murs du hall d'entrée en granit. Les têtes se retournent à peine, marquées la dynamique du bon matin nonchalant. Un son familier. Des millions de cliquetis-clac, des millions de pas. Une horde de femmes prend les tours à bureaux d'assaut dans la métropole arborant fièrement leurs sabots de guerre des sexes, dans un brouhaha assourdissant. Lentement mais surement, à petits pas de geisha, elles remplissent les bureaux, et perchées là-haut, trouvent-elles peut-être une confirmation de leurs existences et de leurs sacrifices.

Clac-clac-clac-clac.

FAIT ÇA CLAIR, COYOTE.

Je suis fâché contre le port du talon haut. POURQUOI? Parce que des fois, oui, OUI, je flanche sous la pression sociale, surtout lorsqu'on me met au défi d'en porter pour toute une journée au bureau.

Le pire, c'est que c'est vraiment facile de se "sentir bien " en observant cette tradition féminine, de se "sentir femme " par procuration, juste parce que tu fais quelques choses d'exclusivement féminin. Juste parce que, le débalancement dans tes chevilles fait ressortir ton cul et que pour rétablir l'équilibre tu sors la poitrine en rejetant les épaules par en arrière.

Et c'est ça le corps d'une femme. Criss, ça marche même avec le mien! Je me sens comme un morceau de viande AUSSI ALLÉCHANT QUE TOUS LES AUTRES.

Des fois se rendre compte qu'on est à deux doigts de rentrer dans le moule te fait chérir ton instinct de rébellion, ta sensibilité poétique et ton sens de l'observation cynique à souhait.

Ce n'est pas la dernière fois que je mettrais des talons hauts pour aller au bureau, dans une soirée, ou ailleurs. Mais que l'ironie-reine-du-monde et la crampe dans mes mollets m'en soient témoin, l'estime de ma féminité et de mon image ne sera jamais remontée par des souliers. Aussi haut peuvent-ils être.

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